Commentaires de gestion

Les « deux I »

10 Octobre 2018

David Fung

RAM Active Investments RAM (Lux) Tactical Funds II - Asia Bond Total Return

 

Le marché du crédit asiatique a signé une performance limitée en septembre, le resserrement des spreads ayant été compensé par la hausse du rendement des bons du Trésor américain. L'indice de référence JACI a cédé 12 pb sur le mois et 1,41% depuis le début de l'année. Le segment du haut rendement (+48 pb), moins pénalisé par la hausse du taux d'intérêt sans risque, a surperformé celui de l'investment grade (-36 pb) durant le mois. En parallèle, les craintes relatives à un relèvement plus rapide des taux d'intérêt se sont temporairement apaisées à la suite de la réunion du FOMC, à la faveur d'un graphique illustrant les prévisions des membres de la Fed inchangé. D'autre part, les frictions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis se sont envenimées après la mise en place d'un droit de douane américain de 10% sur 200 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine en septembre, et Pékin a ensuite annulé une proposition de réunion de l’administration américaine, refusant de « négocier avec un couteau sous la gorge ». Dans ce contexte, la performance du marché du crédit asiatique s'est inscrite en retrait par rapport à celle du reste des marchés émergents – les spreads de crédit se sont ainsi resserrés d'environ 44 pb en Amérique latine et de 52 pb dans la zone EMOA, contre 6 pb seulement pour l'Asie durant le mois.

Sur le front des devises, si la livre turque a rebondi d'environ 7% face au dollar américain le mois dernier, il n'en a pas été de même pour ses homologues asiatiques. L'IDR et l'INR, deux devises de pays présentant un déficit courant, se sont encore repliées face au billet vert, perdant respectivement 1,3% et 2,1%. Dans le même temps, les cours du pétrole brut ont augmenté et la Fed a relevé ses taux. Alors que se profilent des élections présidentielles/générales pour ces deux pays en 2019, la marge de manœuvre s'avère limitée pour réduire les déficits budgétaires. Par conséquent, l'Indonésie et l'Inde resteront sous le feu des projecteurs à court terme, compte tenu de leur forte sensibilité aux cours pétroliers et au dollar. S'agissant de l'Inde en particulier, le pays ne doit pas seulement faire face à des difficultés macroéconomiques externes, mais aussi à d'énormes pressions internes. Son système financier a été éprouvé par le défaut du géant des infrastructures et services financiers IL&FS Ltd sur certains de ses remboursements à court terme. La Reserve Bank of India a pris une mesure décisive en vue de reprendre l'entité criblée de dettes le 1er octobre, en remplaçant l'ensemble de l'équipe de direction et en publiant un communiqué destiné à apaiser le marché. Il s'agit selon nous d'une étape essentielle pour que le gouvernement indien parvienne à restaurer la stabilité financière, IL&FS étant considéré comme « too big to fail » et comme un établissement financier d'importance systémique. Nous assurerons le suivi de cet événement et de ses conséquences pour les autres obligations d'entreprises indiennes.

Au-delà de l'Asie, JP Morgan a révisé les critères de sélection de son indice Emerging Market Bond (EMBI). Conformément aux anticipations, les pays du Moyen-Orient, y compris l'Arabie saoudite, le Qatar, les EAU, Bahreïn et le Koweït, pourront rejoindre l'indice à compter de janvier 2019. Compte tenu de ce changement, la pondération de risque de l'Asie diminuera de 20% à 18% et celle de l'Amérique latine de 37% à 33%. En Asie, la dette souveraine indonésienne devrait selon nous être la plus impactée (car elle présente un rendement similaire mais s'avère moins bien notée que ses homologues de la région MOAN).

En termes de performance, la classe B USD du fonds RAM (Lux) Tactical Funds II - Asia Bond Total Return Fund a enregistré -76 pb nette de frais en septembre et de -3,26% depuis le début de l'année. Notre sous-performance est largement imputable à une position indienne en lien avec la saga IL&FS. A la suite de la décision du gouvernement indien d'injecter des liquidités dans IL&FS (ce qui constitue un renflouement de facto), nous avons compensé une grande partie de ces pertes et avons bon espoir que la position devienne rentable. En parallèle, nous maintenons la surpondération tactique de la dette souveraine des pays asiatiques développés (Corée, Singapour, Hong Kong) et des pays du Conseil de coopération du Golfe (dont le rendement ajusté du risque demeure attrayant à court terme compte tenu de l'inclusion dans l'indice EMBI et de la hausse des cours pétroliers). La Chine, qui est l'épicentre de la guerre commerciale et occupe une position dominante sur le marché des émissions primaires, fera essentiellement l'objet de positions de portage. Nous conservons également la sous-pondération de l'Indonésie, de l'Inde et des pays frontières, pour les raisons évoquées ci-dessus.

Nexus Investment Advisors Limited, supervisé par l’Autorité de surveillance des marchés financiers (SFC) à Hong Kong, a été nommé par la société de gestion du fonds en tant que gestionnaire de portefeuille pour RAM (Lux) Tactical Funds II - Total Return Fund Bond Asia.

*Source : Nexus Investment Advisors Limited